Université des Référents Handicap 2026 : l’innovation à l’honneur
L’édition 2026 de l’Université du Réseau des Référents Handicap a eu lieu à Orléans les 26 et 27 mars dernier. Au menu : ateliers, webinaires, prises de parole et des conférences inspirantes qui tous ont mis en valeur notamment des projets d’innovation soutenus par l’Agefiph.
Zoom sur les conférences inspirantes et l’innovation
« Le travail c’est la santé ? »
Pour élargir le champ du maintien dans l’emploi en mettant en avant des structures et des projets qui s’intéressent au travail comme facteur de santé.
L’Unafam et Club House France ont rappelé que l’investissement dans une activité de travail fait partie du parcours de rétablissement pour les personnes concernées par des troubles psychiques. Disposer d’une identité professionnelle participe à la reconstruction de la personne qui se trouve revalorisée via les compétences qu’elle apporte à l’entreprise et au service du bien commun. La mobilisation de la pair-aidance est l’un des leviers mobilisés dans le secteur médico-social et qui s’élargit aujourd’hui au monde des entreprises.
Le projet « travail et cancer du sein dans les entreprises et les organisations » porté par le Nouvel Institut repose sur la même dynamique. Comme le précise une recommandation de la HAS de 2029, travailler participe à la rémission du cancer. Des entreprises, comme Sanofi ou EDF, sont venues témoigner des dispositifs mis en place pour faciliter la conciliation entre le travail et la maladie : création d’espace d’échange au sein des antennes « cancer et travail : agir ensemble » chez Sanofi, mise en place des aménagements raisonnables via des « conventions temporaires d’initiatives concertées » chez EDF… Autant d’initiatives qui agissent pour transformer concrètement les situations de travail des personnes concernées.
« Partenariats : osons l’innovation »
Pour faire progresser l'inclusion, les entreprises brisent leur isolement et tissent des alliances avec le secteur public et privé, le monde associatif et de l'économie sociale et solidaire. L'enjeu ? Coconstruire des projets innovants à fort impact pour les personnes en situation de handicap.
Le Campus Louis Braille, espace d’innovation sur le champ de la déficience visuelle qui fédère associations spécialisées, institutionnels, chercheurs et entreprises a fait part des coopérations croisées rendues possibles pour permettre aux autres start-ups spécialisées de tester leurs solutions avec les personnes concernées au sein de leur environnement professionnel.
Le réseau « Différents et Compétents » a lui acquis une expertise dans la mise en lien entre secteur médico-social et les entreprises. La création de la « Reconnaissance des Acquis de l’Expérience » pour les travailleurs d’EA et d’ESAT contribue à la valorisation des savoir-faire et des savoir-être auprès des entreprises et facilite les passerelles et la fluidification des trajectoires.
Les projets « Vivre et Travailleur Autrement » et « Nouveaux Collègues » concrétisent quant à eux la possibilité d’intégrer au sein même des entreprises des unités composées de personnes ayant des troubles autistiques ou psychiques via un accompagnement spécifique et un environnement sécurisé.
« Faites de l’IA votre alliée »
L’IA s’impose, peu à peu, dans le quotidien des entreprises. Elle ouvre des perspectives inédites pour l’inclusion, l’accompagnement et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap. Comment le référent handicap peut-il saisir ces opportunités tout en gardant un regard critique sur les limites et les biais éthiques de ces technologies ?
Des usages concrets de l’IA ont été présentés, comme le partage d’un prompt testé actuellement dans plusieurs entreprises dont le Groupe Oui Care pour que l’IA soit en mesure de fournir des premiers éléments de réponse aux référents handicap concernant des situations d’aménagements de poste ou de recrutement. Cela a aussi permis de présenter « Chat FT », l’outil développé par France Travail pour faciliter la préqualification des candidatures.
Les interventions de Matrice et de la Handitech ont quant à elles ouvert des perspectives sur d’autres usages possibles de l’IA. Elles ont rappelé qu’au-delà des systèmes de compensation (ex : traduction automatique de textes en FALC pour les personnes déficientes visuelles), l’IA peut aussi être développée en appui de démarches inclusives, pour fédérer des réseaux d’acteurs autour d’un accompagnement rénové. Matrice a par exemple présenté l’outil « 9 ¾ », co-construit à partir des récits de femmes concernées par un cancer du sein, qui propose une IA réflexive à même d’ouvrir le champ des possibles dans le cadre du retour et du maintien en emploi.
Zoom sur les quelques autres séquences
Par ailleurs des présentations étaient faites en atelier : les dynamiques pour le numérique (THalent Digital, Diagnostic numérique en entreprise, DéClics numériques), pour le retour à l’emploi de personnes ayant vécu un burn-out .... ou dans l’espace Inspiraction (Handireality).