2050 : les crises sanitaires, vecteurs d’inclusion

La crise sanitaire liée à la Covid-19, qui a eu lieu il y a trois décennies maintenant, a été un véritable choc dans la société française et au-delà. Par la suite, d’autres crises sanitaires sont survenues, repoussant au loin le monde d’avant et ses discriminations. Tout a changé en matière d’inclusion du handicap : les rues, les entreprises, les maisons se sont transformées. Depuis, dans ce monde « d’après », la société est plus apaisée et plus respectueuse…

1er scénario : Les vulnérabilités, le « New Normal »

La Covid-19 est désormais une maladie endémique qui renaît au fil de ses variants. Crises de fatigue, pertes du goût et de l’odorat mais aussi d’autres symptômes touchant l’ouïe ou la vue… Aucune catégorie de la population n’est épargnée par les séquelles du Covid long et des nouvelles pandémies.  Par ailleurs, comme l’avait annoncé l’INSEE, le vieillissement démographique s’est accentué. Les 20-64 ans ne représentent plus que la moitié de la population. Les maladies chroniques progressent. Dans ce contexte, les vulnérabilités forment une nouvelle norme : les personnes touchées ponctuellement ou durablement par un handicap sont majoritaires. Ce sont désormais leurs besoins qui sont prioritairement pris en compte et dictent les lois.

« Souffler, savourer, analyser sont les nouveaux mots d’ordre. » 

Cette nouvelle donne a changé nos valeurs, notre rapport au temps et au développement durable. Les médias privilégient le recul et l’analyse factuelle et les marques ont abandonné le concept de collections pour fabriquer des produits pérennes. La sobriété dans l’usage des ressources de la planète mais aussi dans celles des travailleurs s’est imposée dans tous les domaines. Pour préserver la santé, developer les compétences, l’énergie et la créativité de chacun, tout le monde travaille à son rythme et en équipe, en se relayant. Femmes et hommes ont ainsi le temps de se soigner, de se cultiver, de profiter de leur vie de famille et de s’épanouir dans leurs différentes passions. 

Afin de mettre en place ce roulement vertueux, qui prévient l’usure et le mal-être au travail, toutes les forces vives de la société sont mobilisées, notamment grâce à des solutions d’accompagnement numérique. Les personnes autistes par exemple, trouvent désormais facilement du travail grâce à l’emploi accompagné ou à des outils digitalisés d’accompagnement comme RAD’AU et les seniors, gardent le leur plus longtemps, même s’ils souffrent de difficultés cognitives, via le dispositif MeteOR . Chacun a trouvé sa place. La société, dans son ensemble, est devenue tolérante, pacifique et solidaire.

 

Photo d'une petite fille atteinte d'autisme
Photo d'une petite fille atteinte d'autisme

2ème scénario : Partout, des espaces mixtes et accessibles

L’irruption des vulnérabilités dans nos quotidiens a également changé notre rapport à l’espace. Le télétravail, par exemple, s’est généralisé dans de nombreux secteurs d’activité. Ce phénomène, associé à celui de la rotation des équipes, a entraîné une baisse de fréquentation des bureaux qui se sont transformés. On y trouve aujourd’hui principalement de grandes salles conviviales inspirées de la conception universelle pour faciliter le travail en groupe et la sociabilité ainsi que des espaces de repos. En parallèle, les logements, eux, se sont agrandis. Ils sont tous équipés d’un bureau que les entreprises équipent en mobilier ergonomique et en matériel informatique pour collaborer à distance. 

L’impression 3D en libre accès permet à chacun de disposer d'équipements personnalisés d'autant plus accessibles que les frais de conception sont réduits. L'économie du partage, notamment via l'open source, vient enrichir la conception universelle des espaces de vie, de travail, de loisirs, en s'appuyant sur les savoirs expérientiels désormais reconnus. Enfin, les jardins partagés fleurissent pour privilégier les interactions en extérieur. 

«  On trouve tout en bas de chez soi ! »

Pour développer l’accessibilité des villes, problématique devenue prioritaire pour toutes les municipalités, la mixité urbaine a été repensée à l’échelle du quartier. Commerces, salle de sport, lieux culturels… Chaque habitant peut dorénavant trouver tout ce dont il a besoin dans un rayon de 5 km. Les circuits courts sont la règle.

Les magasins, moins nombreux, proposent un choix de marchandises restreint mais plus qualitatif et ne connaissent aucune rupture d’approvisionnement. La mutualisation des énergies et des espaces, les échanges et le recyclage se sont également systématisés grâce aux applications.  

Les distances étant plus courtes et les trajets domicile-travail plus rares, les mobilités douces ont remplacé la voiture. Les tapis roulants, les voies de vélos et les couloirs dédiés aux modules robotiques permettant de se déplacer aussi bien debout qu’assis, comme le Gyrolift , ont investi les rues. Enfin, pour respecter la distanciation sociale et les jauges, les trottoirs se sont agrandis et ont été aménagés. Les pas de porte ont également été mis à niveau et élargis. Une signalétique, tactile et connectée, régule les flux en sollicitant les cinq sens. 

La langue des signes est devenue le nouvel esperanto de la rue, facilité dans son apprentissage par les outils de réalité virtuelle utilisés par l'Education nationale, et les souris d'ordinateur ont été remplacées par le guidage à la pensée développé 20 ans auparavant pour favoriser l'autonomie des grands tétraplégiques et des locked-in-syndrom. La ville, accessible, écologique, conçue pour tous, “design for all”, a retrouvé sa dimension humaine.

3e scénario : Les personnes en situation de handicap, nouveaux leaders de l’entrepreneuriat.

Après avoir longtemps été considéré comme une déficience à compenser, le handicap est enfin vu  comme une richesse, source de créativité et d’innovation, notamment après les campagnes menées avec l’association Signes de sens et la reconnaissance des savoirs expérientiels stimulés par le projet EPoP . Une nouvelle logique d’investissement dans la diversité gagne, enfin, du terrain.

« Dès le plus jeune âge, les enfants sont invités à cultiver leurs différences et leurs talents. »

Tout au long de la scolarité, l’accent est mis sur l’acquisition de compétences transversales, utiles dans l'exercice de différents métiers car, dans ce nouveau contexte sanitaire, chacun est amené à changer plusieurs fois d’orientation au regard de sa santé et de ses aspirations. 

Les personnes en situations de handicap, plébiscitées pour leur facultés d’adaptation et de résilience, mais aussi pour leur capacité à partager leurs expériences occupent des postes clé dans les domaines les plus porteurs : la recherche, le développement, les ressources humaines ou le numérique, qui soutiennent cette nouvelle agilité du monde du travail. 

Le rôle principal de ces managers nouvelle génération est d’accompagner individuellement les salariés tout au long de leur vie afin qu’ils trouvent le métier adapté à leur situation à l’instant T mais aussi qu’ils modulent les tâches en fonction de leurs capacités et aptitudes.

Pour se faire, ils s’appuient sur les savoirs d’expériences, les jobcoachs, l’intelligence artificielle notamment les outils gamifiés comme ceux développés par THalent digital, qui détectent et révèlent l’aptitude à intégrer les métiers du numérique. Ces solutions digitales sont conçues pour faciliter l’accès et le maintien dans l’emploi, pour anticiper les ruptures et détecter de façon précoce les risques de désinsertion professionnelle. Elles servent aussi à préserver les liens entre employeurs et salariés en arrêt, et surtout à faciliter les transitions, les mobilités et les reconversions. Les citoyens, confiants, acceptés, accomplis, ont pris leur destin et celui de leur planète en main.

Publié le 28 Mai 2021